Quelles sont les tendances qui feront évoluer les modèles économiques des organisations en 2019 (et après)

Publié le 29 janvier 2019 par Maxime Lehmann

1. Les smart home devices grand public seront menés en 2019 par les assistants intelligents

Selon le fameux cabinet Deloitte, le marché des smart speakers va générer 7Md$ en 2019, sur un total de 96Md$ sur les objets connectés pour la maison en 2018. L’industrie globale de production de ces objets intelligents devrait atteindre une croissance de 63% basée sur un revenu 4.3Md$ en 2018.

Bien que ces chiffres soient des estimations, on peut considérer que le marché des smart home devices (objets connectés intelligents pour la maison) va croître de manière rapide durant les prochaines années avec de nouveaux cas d’usages, comme pour les boîtes aux lettres connectées.

Ces chiffres sont à mettre en perspective avec la composition et le fonctionnement du marché total des objets intelligents pour la maison, qui est composé d’objets intelligents plus « traditionnels » mais bien plus matures.

IDC classe ce marché en 5 catégories :

  • Equipements de sécurité
  • Eclairages intelligents
  • Enceintes intelligentes
  • Thermostats & gestion énergétique intelligente
  • TV

La majorité des objets connectés que l’on retrouve le plus fréquemment à la maison  sont, pour l’instant, les Smart TV avec 48% de parts de marché estimées, bien devant les enceintes connectées (15%) et les équipements de sécurité connectée (15%).

Bien que le marché des objets connectés pour la gestion de la performance énergétique soit marginal aujourd’hui, la croissance de ce secteur va être importante (+26% attendus en 2019) due à un contexte environnemental et politique favorables.

2. Les réseaux 5G vont décoller à l’image des usages qui leur seront trouvés

Même si très discutée encore aujourd’hui du fait notamment d’une couverture encore partielle dans certaines zones de la 4G, cette nouvelle technologie s’imposera comme un nouveau standard.

Pourquoi ? Car c’est cette solution qui permettra à de nouveaux usages et technologies de se développer comme la voiture autonome.

En effet, le débit et la réactivité sont les deux principales caractéristiques qui vont permettre à de nouveaux usages d’émerger.

Reprenons l’exemple de la voiture autonome : elle s’appuiera sur la faible latence du réseau 5G qui, à terme, atteindra des délais de réponse de l’ordre de la milliseconde. En revanche, pour cet usage, le débit n’aura pas un fort impact.

Le déploiement de la technologie 5G devrait donc atteindre sa maturité en 2019. Une estimation menée par Deloitte note que 25 opérateurs de télécommunications à travers le monde devraient lancer ce service en 2019, et 25 supplémentaires en 2020.

Aujourd’hui, 72 opérateurs sont déjà en train de tester ces services auprès d’un nombre d’utilisateurs restreint. Au total, les estimations montrent que plus d’1 million d’équipements mobiles compatibles 5G seront vendus en 2019, et ce nombre augmentera jusqu’à atteindre 15 à 20 millions en 2020.

D’autres équipements de soutien comme les modems ou les mini antennes, permettants d’accéder au service 5G, devront être vendus en 2019 permettant ainsi aux équipements mobiles d’accéder aux capacités techniques de la 5G.

En effet, la 5G va changer profondément les usages et l’expérience des usagers, en permettant aux consommateurs d’accéder à des services et des médias plus gourmands en ressources en réduisant la latence et en augmentant la rapidité d’accès par exemple.

Cela va également permettre aux utilisateurs isolés du réseau classique de la fibre optique ou ADSL d’obtenir le même confort de connexion qu’avec un service filaire conventionnel, avec des débits jusqu’à 10Gbs !

Le bémol c’est que pour profiter de ces avantages, il faudra attendre que les standards sur les terminaux mobiles puissent être adaptés aux standards 5G… Affaire à suivre donc !

Toutefois, les entreprises vont pouvoir ainsi se saisir de ces technologies pour concevoir des produits et des services innovants basés sur des technologies jusqu’alors inaccessibles, comme la télémédecine en réalité augmentée, ou des réseaux intelligents dans des clusters smart cities.

3. L’intelligence artificielle va progressivement se diffuser dans tous les métiers

De plus en plus d’entreprises de taille moyenne à intermédiaire (50-1000 employées) utilisent des services d’intelligence artificielle pour développer de nouveaux services.

A la différence des grandes entreprises qui développeront des algorithmes et des fonctionnalités sur mesure à l’aide de ressources informatiques dans le cloud, les PME/ETI vont s’appuyer sur des startups proposant ces capacités, sans le ticket d’entrée qu’est le développement.

D’ailleurs, Deloitte prévoit que d’ici 2020, le taux de pénétration des logiciels d’entreprise avec de l’intelligence artificielle intégrée et des services de développement de l’IA basés sur le cloud atteindra respectivement 89% et 83%. Vous aurez donc dès demain des logiciels avec de l’IA intégrée.

Mais l’IA c’est quoi en fait, et comment expliquer que ce taux de pénétration soit si important ?

Jusqu’à présent, les bénéfices de l’IA ont été principalement générés par des Tech Giants comme Amazon, Google ou IBM. Ces grandes plateformes digitales disposent en effet d’avantages concurrentiels difficilement reproductibles : ressources financières importantes, infrastructures informatiques à grande échelle et capital humain hautement spécialisé, importantes capitalisations boursières, nombreux utilisateurs.

Bien que ces plateformes continueront de faire valoir leur avantage dominant sur la gestion et la mise à disposition d’infrastructures, de plus en plus de startups s’affranchissent des web services existants pour créer les leurs, souvent construits sur des standards open source, et permettant de s’adapter à certaines niches, comme l’agriculture, la logistique ou la santé.

4. Accélération de la mise sur le marché grâce aux imprimantes 3D

Comme toute technologie émergente, les imprimantes 3D connaissent aussi le cycle de l’adoption de l’innovation défini par la courbe de Bell. Toutefois, ce cycle dispose d’une temporalité de plus en plus réduite, notamment due à des phénomènes économiques favorables (VC, Business Angels… etc) et un engouement prononcé du grand public pour les nouvelles technologies. Malgré tous ces signaux positifs, les imprimantes 3D peinent à trouver leur clients.

Pourtant le marché, financièrement parlant, se porte bien. Les ventes d’imprimantes 3D professionnelles et de services devraient atteindre 2,7Md$ en 2019 avec une croissance annuelle de 12,5%. La liste des matériaux pouvant servir à l’impression a presque doublé sur les 5 dernières années, ce qui ouvre encore davantage le champ des possibles.

« L’impression 3D permet aux entreprises de concevoir rapidement de nouveaux produits avec des matériaux innovants, d’une manière qui n’était pas possible auparavant » Jeff Loucks, directeur exécutif du Centre de la technologie, des médias et des télécommunications de Deloitte.

Le contexte est donc favorable à ce que de nouvelles startups, et donc de nouveaux modèles économiques, se construisent autour de cette technologie. Les bénéfices liés à ce nouveau mode de production permettront notamment d’accélérer les cycles de production, d’augmenter les marges en limitant les coûts.

 

5. La Chine en passe de devenir la première puissance technologique au monde

Un indicateur économique important nous informe que les revenus des semi-conducteurs fabriqués en Chine augmenteront de 25%, pour atteindre environ 110 milliards de dollars en 2019, afin de répondre à la demande intérieure croissante en puces (tirée en partie par la commercialisation croissante de l’IA).

Les entreprises chinoises se transforment beaucoup plus rapidement que leurs équivalents occidentaux. Cela est notamment dû à un climat politico-économique favorable, où l’état investit beaucoup dans les entreprises technologiques avec pour ambition de devenir le leader mondial des nouvelles technologies d’ici 2030.
On peut donc raisonnablement penser qu’ils y parviendront !

Sur le terrain, cela ce traduit par un fort investissement des BAT dans les entreprises locales. En effet, 50% des startups chinoises proposants des service d’IA ont été financées par Alibaba, Tencent ou Baidu, les trois géants dominant le marché chinois respectivement sur le e-commerce, l’indexation de pages web et les réseaux sociaux.
ps
Bien que leur stratégie puisse sembler similaire à celle de leurs siamois occidentaux, capitaliser sur des ressources importantes et un savoir faire expert, les effets de leviers ne sont pas tout à fait les mêmes.

Leur objectif est de dominer les usages et la technologie autour de l’intelligence artificielle d’ici 2030. Les investissements sont donc réalisés à bien plus grande échelle, car motivés par des velléités étatiques….

Progressivement, ces entreprises maîtriseront respectivement toute la chaîne de valeur de la création dans le digital : de la couche hardware avec des processeurs alliant haute vélocité et miniaturisation, aux algorithmes avancés. Une sérieuse concurrence pour les « anciennes » plateformes.


Pour résumer, de nombreux risques et opportunités pourront surgir : des technologies, de l’écosystème-système, des usages, des partenaires, des marchés…  Autant de signaux faibles qui seront peut-être demain (ou pas) des leviers formidables pour se ré-inventer ou des sources de tourments pour les organisations peu préparées ! L’équipe IKOMOBI est à vos côtés pour vous accompagner dans cette exploration !